3 Questions à Luc Barruet

Directeur-fondateur de Solidarité Sida et initiateur de Solidays

Comment a commencé l’histoire de Solidays ?

En 1992, dans une chambre de bonne de 14 m². Les statuts de Solidarité Sida n’étaient pas encore déposés en préfecture que le projet d’un festival contre le sida faisait déjà partie de nos ambitions. Mais nous étions jeunes et inexpérimentés. Il nous a donc fallu convaincre beaucoup de monde pour y arriver 7 ans plus tard. Heureusement, sur notre route nous avons croisé Jean-Jacques Goldman, François-Henri Pinault et David Kessler (à l’époque conseiller culture de Lionel Jospin à Matignon). Sans eux, je ne sais pas si Solidays existerait aujourd’hui.

À la veille de cette 19ème édition, de quoi êtes vous le plus fier ?

Deux choses me viennent à l’esprit : avoir pu soutenir l’action des militants associatifs auprès des malades du monde entier grâce aux « bénéfices » générés par le festival – Solidays est aujourd’hui un outil performant face à la détresse humaine – et mesurer combien cette initiative un peu folle a suscité de nombreuses vocations ou a servi de socle à d’autres initiatives citoyennes et solidaires. Pour ces raisons, et pour beaucoup d’autres encore, je ne regretterai jamais l’énergie qu’il nous a fallu déployer pour en arriver là.

Quel est votre meilleur souvenir des précédentes éditions ?

Sans aucun doute, les 50 000 personnes allongées dans la boue, sous une pluie battante en 2004. Un Die-in (cimetière humain) en solidarité avec les militants qui manifestaient au même moment à Bangkok pour réclamer un meilleur accès aux traitements. Tous ceux qui étaient là s’en rappellent encore, tellement l’émotion a été forte.